Les Carnets de l’apothicaire : quelle part de science est réelle ?

Il y a des personnages d’anime qui découvrent un poison et qui ont la réaction parfaitement raisonnable de s’en éloigner le plus vite possible. Et puis il y a Mao Mao, qui découvre un poison et affiche à peu près le même regard que quelqu’un qui vient de retrouver 20 euros dans la poche d’un manteau qu’il n’avait pas porté depuis l’hiver dernier.

Et je dois avouer que c’est justement l’une des choses que j’aime le plus dans Les Carnets de l’apothicaire (Kusuriya no Hitorigoto). Cette série réussit l’exploit de rendre une intoxication alimentaire, une poudre pour le visage suspecte ou une plante potentiellement mortelle aussi passionnantes qu’un combat final de shōnen. Dit comme ça, il faut peut-être commencer à s’inquiéter un peu pour moi.Mais à force de regarder Mao Mao résoudre des empoisonnements, des maladies et des mystères médicaux à la cour impériale, une question devient inévitable : est-ce que toute cette science est réelle ? Les poisons fonctionnent-ils vraiment comme dans l’anime ? Les remèdes de Mao Mao auraient-ils pu exister ? Et surtout : est-ce qu’on peut réellement mourir à cause d’un produit cosmétique, d’un peu de miel ou d’une jolie fleur du jardin ?

Réponse courte : oui, une partie étonnamment importante de la science des Carnets de l’apothicaire repose sur des phénomènes réels. L’intoxication au plomb par les cosmétiques, les dangers du miel pour les nourrissons, les allergies alimentaires, certaines plantes toxiques ou encore les neurotoxines présentes chez certains poissons ont tous une véritable base scientifique. En revanche, l’univers de la série mélange volontairement des connaissances et des éléments provenant de différentes périodes historiques : il ne s’agit donc pas d’une reconstitution exacte de la Chine impériale.

Petit avertissement avant de continuer : cet article contient quelques spoilers concernant des enquêtes des premières saisons de l’anime. Je vais éviter autant que possible les gros retournements de l’intrigue. Et deuxième avertissement, sans doute encore plus utile : ce n’est pas parce que Mao Mao teste des poisons sur elle-même avec enthousiasme que c’est une activité à reproduire chez soi. Même un dimanche où vous vous ennuyez beaucoup.

Les Carnets de l’apothicaire se déroulent-ils vraiment dans la Chine impériale ?

Avant de parler poisons, maladies et plantes capables de vous envoyer rejoindre vos ancêtres, il faut éclaircir quelque chose.

On présente très souvent Les Carnets de l’apothicaire comme un anime se déroulant dans la Chine impériale. Et il est facile de comprendre pourquoi : palais impérial, concubines, fonctionnaires, vêtements, médecine traditionnelle, organisation de la cour… visuellement et culturellement, l’inspiration chinoise est évidente.

Mais le pays dans lequel vit Mao Mao n’est pas censé représenter une dynastie chinoise précise.

Hyūganatsu, l’autrice originale de Kusuriya no Hitorigoto, a expliqué avoir pioché dans différentes périodes de l’histoire chinoise afin de créer l’univers qui convenait à son récit. Elle évoque même une période d’inspiration extrêmement large, couvrant approximativement un millénaire, à laquelle viennent s’ajouter certaines sensibilités japonaises.

Et personnellement, je trouve que cela rend la série encore plus intéressante.

La bonne question n’est donc pas vraiment : « Est-ce que Mao Mao aurait pu faire exactement cela sous telle dynastie, telle année ? »

La question devient plutôt : « Les maladies, les poisons et les mécanismes scientifiques qu’elle observe pourraient-ils exister dans notre monde ? »

Et là, la réponse est très souvent oui.

Les enquêtes des Carnets de l’apothicaire sont-elles inspirées de cas réels ?

Pour certaines, oui. Et pas seulement vaguement.

Hyūganatsu a expliqué qu’elle s’inspirait notamment de faits divers, de cas d’intoxication et d’événements réels pour imaginer certaines énigmes médicales de la série. Elle a notamment cité une affaire impliquant des algues toxiques ainsi qu’un autre cas lié au laurier-rose.

L’autrice cherche également à construire des mystères dont le principe scientifique peut parfois sembler familier au lecteur. Le genre de moment où, devant son écran, on se dit : « Attends… je crois qu’on avait parlé de ça en cours de SVT. »

Évidemment, Mao Mao a déjà trouvé la réponse depuis dix minutes pendant que nous essayons encore de nous souvenir vaguement du programme de seconde.

C’est justement ce que je trouve particulièrement réussi dans Les Carnets de l’apothicaire. Les solutions ne reposent généralement pas sur une substance magique inventée pour les besoins du scénario. Les indices étaient là depuis le début : un aliment, une odeur, une habitude, une plante, un cosmétique, un symptôme bizarre… Il fallait simplement faire les connexions.

Cas dans Les Carnets de l’apothicaire Existe-t-il une base scientifique ? Verdict
Poudre cosmétique contenant du plomb Oui. Le plomb est toxique et a réellement été utilisé dans certains pigments et cosmétiques. Très réel
Miel dangereux pour les bébés Oui. Le miel est déconseillé avant l’âge de 12 mois en raison du risque de botulisme infantile. Très réel, avec quelques nuances
Miel produit à partir de plantes toxiques Oui. Certaines toxines végétales peuvent se retrouver dans le miel. Réel
Allergies alimentaires Oui. Une quantité minime d’un allergène peut provoquer une réaction sévère chez certaines personnes. Réel
Poisson-globe et tétrodotoxine Oui. La tétrodotoxine est une neurotoxine extrêmement puissante. Très réel
Laurier-rose Oui. La plante contient des substances pouvant provoquer de graves troubles cardiaques. Très réel

Le maquillage au plomb : le premier grand mystère de Mao Mao pourrait vraiment arriver

Commençons par l’affaire qui met pratiquement toute l’histoire en mouvement.

Les enfants de l’empereur tombent mystérieusement malades. À la cour, les rumeurs parlent d’une malédiction. Personne ne semble comprendre ce qui se passe jusqu’à ce que Mao Mao soupçonne une poudre blanche utilisée comme cosmétique.

Un maquillage capable de rendre quelqu’un gravement malade ? Sur le papier, cela pourrait ressembler à une petite liberté scénaristique destinée à montrer dès le premier épisode que Mao Mao est la Sherlock Holmes des poisons.

Sauf que non.

Le plomb a réellement été utilisé pendant des siècles dans la fabrication de pigments blancs, notamment dans des produits destinés à donner au visage un teint très pâle.

Le problème, c’est que le plomb est bel et bien toxique.

Une exposition répétée peut affecter le système nerveux, les reins, le sang et d’autres organes. Les enfants et les nourrissons sont particulièrement vulnérables à ses effets. Aujourd’hui encore, l’intoxication au plomb reste un véritable problème de santé publique et il n’existe pas de niveau d’exposition considéré comme totalement sans danger pour les jeunes enfants.

Et le détail qui rend l’affaire encore plus intéressante pour Les Carnets de l’apothicaire, c’est que l’utilisation historique de pigments blancs contenant du plomb est également documentée en Chine ancienne.

Autrement dit, le premier grand mystère de Mao Mao n’est pas uniquement plausible du point de vue médical. Il fonctionne aussi particulièrement bien dans un univers inspiré de la Chine impériale.

Ce que j’aime surtout dans ce passage, c’est la méthode de Mao Mao. Elle n’a évidemment pas accès à une prise de sang ou à un laboratoire moderne. Elle regarde qui tombe malade, qui utilise le produit, quels symptômes apparaissent et ce que les personnes touchées ont en commun.

Observer une exposition et chercher des symptômes compatibles avec cette exposition, c’est toujours l’un des principes fondamentaux lorsqu’on enquête sur une intoxication.

Elle fait simplement tout ça avec beaucoup moins de machines et beaucoup plus de plantes séchées.

Le miel et les bébés : oui, cette information de l’anime est vraiment utile

Voici probablement l’un des éléments de la série que j’aimerais que tout le monde retienne, même ceux qui oublient absolument tout le reste de cet article.

On ne donne pas de miel à un bébé de moins d’un an.

Ce n’est ni une superstition ancienne, ni une invention de la série, ni l’une de ces recommandations extrêmement spécifiques qu’on découvre sur Internet avant de se convaincre que pratiquement tout ce qui existe est dangereux.

Le miel peut contenir des spores de bactéries capables, dans certaines circonstances, de provoquer un botulisme infantile. Le système digestif des nourrissons n’est pas encore suffisamment mature pour offrir la même protection que celui d’un enfant plus âgé ou d’un adulte.

C’est pourquoi les recommandations sanitaires actuelles continuent d’indiquer qu’il vaut mieux attendre après l’âge de 12 mois.

Mais Les Carnets de l’apothicaire introduit également une autre idée particulièrement intéressante : et si le problème venait des fleurs butinées par les abeilles ?

Là encore, ce n’est pas de la fantasy.

Du miel peut-il réellement devenir toxique à cause des fleurs ?

Oui.

Certaines plantes produisent des substances toxiques qui peuvent se retrouver dans leur nectar. Si des abeilles récoltent suffisamment de ce nectar, certaines de ces toxines peuvent ensuite être présentes dans le miel.

L’un des exemples les plus connus est la fameuse « mad honey », parfois traduite par « miel fou » ou « miel toxique », produite notamment à partir de certaines espèces de rhododendrons.

Ces plantes peuvent contenir des grayanotoxines. En cas d’ingestion, elles sont capables de provoquer des symptômes comme des nausées, des vertiges, une chute de la tension artérielle ou des troubles du rythme cardiaque.

Je trouve ça fascinant parce que c’est typiquement le genre d’information qui, racontée sans contexte, sonne comme une légende inventée par un herboriste dans un jeu vidéo.

« Attention, voyageur. Les abeilles ont butiné la fleur interdite. Ne goûte pas ce miel. »

Eh bien non. Ça existe.

Il faut cependant bien distinguer les deux choses : la raison principale pour laquelle le miel est déconseillé aux bébés est le risque de botulisme infantile. Cela ne signifie évidemment pas que le pot de miel de votre cuisine est un cocktail de fleurs empoisonnées.

La série rapproche plusieurs concepts pour servir son intrigue, mais les phénomènes scientifiques qu’elle utilise existent réellement.

Le poisson-globe : le suspect parfait… peut-être un peu trop parfait

Il y a une enquête que j’aime particulièrement parce qu’elle joue précisément avec ce que le spectateur croit déjà savoir sur les poisons.

Un homme tombe gravement malade après avoir mangé un plat contenant du poisson-globe.

Et là, forcément, même sans avoir les connaissances encyclopédiques de Mao Mao, un mot vient assez vite à l’esprit : fugu.

Poisson-globe. Poison. Affaire classée.

Pas si vite.

Certaines espèces de poissons-globes peuvent effectivement contenir de la tétrodotoxine, une neurotoxine extrêmement dangereuse.

La tétrodotoxine bloque certains canaux sodiques indispensables à la transmission correcte des signaux nerveux. Une intoxication peut commencer par des picotements, un engourdissement ou une faiblesse et évoluer, dans les cas les plus graves, vers une paralysie musculaire et une insuffisance respiratoire.

Et voici un détail qui ne donne franchement pas très envie de tenter l’expérience : il n’existe pas d’antidote spécifique à la tétrodotoxine. La prise en charge moderne repose principalement sur le maintien des fonctions vitales pendant que l’organisme élimine la toxine.

La réputation du fugu n’est donc pas exactement une opération marketing.

Mais dans l’affaire présentée dans Les Carnets de l’apothicaire, Mao Mao refuse justement de s’arrêter à la conclusion la plus évidente. Elle découvre que le véritable problème est ailleurs et s’intéresse notamment à des algues qui n’ont pas été correctement préparées.

Et cette enquête est particulièrement intéressante parce que Hyūganatsu elle-même a expliqué s’être inspirée d’un véritable cas d’intoxication alimentaire impliquant des algues.

C’est probablement l’une des meilleures démonstrations du fonctionnement de la série : elle vous présente une réponse suffisamment évidente pour que vous soyez très fier de vous pendant trois minutes, puis Mao Mao arrive et vous fait comprendre que vous n’aviez absolument rien résolu.

Le laurier-rose : oui, cette jolie plante peut vraiment être dangereuse

La botanique est évidemment l’un des domaines préférés de Mao Mao. Surtout lorsque la plante concernée a une chance raisonnable de l’empoisonner. Chacun ses passions.

Parmi les plantes qui apparaissent dans les mystères de la série, on retrouve le laurier-rose (Nerium oleander).

Et pour le coup, sa réputation n’est absolument pas exagérée.

Le laurier-rose contient notamment des hétérosides cardiotoniques, parmi lesquels l’oléandrine. Ces substances peuvent perturber le fonctionnement normal du cœur.

Une intoxication est susceptible de provoquer des nausées, des vomissements, de la faiblesse, une baisse de la tension artérielle et, dans les situations les plus graves, de dangereuses anomalies du rythme cardiaque.

Autrement dit, ce n’est vraiment pas parce qu’une plante possède de jolies fleurs qu’il faut soudain improviser une tisane maison.

Ce qui est encore plus intéressant, c’est que Hyūganatsu a expliqué que l’idée de son enquête autour du laurier-rose venait elle aussi d’une véritable affaire d’intoxication.

Et cela explique probablement pourquoi les mystères médicaux de la série donnent rarement l’impression d’avoir été inventés de toutes pièces. L’autrice peut partir d’une vraie maladie, d’une plante toxique ou d’un mécanisme physiologique réel avant de chercher comment transformer cela en énigme.

Les allergies alimentaires : quand un aliment parfaitement normal devient un poison

L’un des aspects que je trouve les plus malins dans Les Carnets de l’apothicaire, c’est que le danger ne vient pas forcément d’une substance objectivement toxique.

C’est notamment le cas lorsque Mao Mao s’intéresse aux réactions de Lishu à certains aliments.

Pour la majorité des personnes présentes, le plat est parfaitement comestible. Pour elle, il peut devenir dangereux.

C’est exactement le principe d’une allergie alimentaire.

Le système immunitaire réagit de manière anormale à une substance — généralement une protéine — qui ne pose aucun problème à la majorité de la population. Selon les personnes, la réaction peut rester relativement légère ou devenir extrêmement sévère. Une anaphylaxie peut notamment entraîner des difficultés respiratoires et constituer une urgence vitale.

Et narrativement, je trouve cette idée géniale, parce qu’elle renforce quelque chose que la série répète constamment sans forcément le formuler :

un « poison » n’est pas toujours un poison pour tout le monde de la même façon.

La dose compte. L’âge compte. La santé de la personne compte. La préparation compte. La voie d’exposition compte. Et une substance qui ne pose absolument aucun problème à quelqu’un peut être extrêmement dangereuse pour quelqu’un d’autre.

C’est finalement assez proche de l’un des principes fondamentaux de la toxicologie : la dose et les conditions d’exposition peuvent faire toute la différence entre une substance utile et une substance nocive.

Mao Mao pourrait-elle réellement résoudre ses enquêtes ?

Alors… oui et non.

La manière de raisonner de Mao Mao est tout à fait crédible. Elle observe les symptômes, étudie ce que les victimes ont mangé ou utilisé, identifie des plantes, compare plusieurs malades, élimine certaines hypothèses et cherche une exposition commune.

Tout cela correspond à de véritables mécanismes de raisonnement médical et toxicologique.

En revanche, Mao Mao ne dispose évidemment pas des outils de la médecine moderne.

Elle ne peut pas demander tranquillement une analyse sanguine pour mesurer une concentration de plomb, une analyse microbiologique pour confirmer un botulisme, un électrocardiogramme pour suivre certains troubles cardiaques ou une analyse en laboratoire pour identifier précisément une toxine.

Par conséquent, certaines de ses conclusions arrivent forcément de façon plus nette et plus rapide que ce que permettrait une véritable investigation médicale.

Mais je ne trouve pas cela gênant. Au contraire.

Tout l’intérêt de Mao Mao est justement de la regarder travailler avec les moyens disponibles dans son univers.

Elle n’a pas de laboratoire ultra-moderne, mais elle possède une capacité d’observation remarquable, énormément de connaissances accumulées auprès de Luomen et une curiosité scientifique qui frôle parfois dangereusement l’instinct suicidaire.

Ce qui, soyons honnêtes, constitue une combinaison assez efficace pour faire avancer une série.

La médecine des Carnets de l’apothicaire est-elle historiquement exacte ?

Pas complètement. Et elle n’a jamais vraiment cherché à l’être.

Certains savoirs de Mao Mao peuvent sembler étonnamment avancés. Certaines pratiques appartiennent à différentes périodes historiques. Des éléments chinois issus de siècles différents coexistent dans le même univers.

Mais c’est cohérent avec la façon dont Hyūganatsu a construit son monde.

Les Carnets de l’apothicaire n’est pas un documentaire consacré à une dynastie particulière de la Chine. C’est un récit de fiction, de mystère et d’intrigues de cour fortement inspiré de plusieurs périodes de l’histoire chinoise.

Et ce qui m’intéresse beaucoup plus, personnellement, c’est que les poisons se comportent souvent comme de vrais poisons, les maladies reposent sur des mécanismes reconnaissables et les plantes possèdent fréquemment des propriétés qui existent réellement.

Cela change complètement la façon de regarder certaines enquêtes.

Au lieu d’attendre passivement que Mao Mao donne la solution, on peut commencer à regarder les indices. Est-ce l’alimentation ? Un produit cosmétique ? Une contamination ? Une allergie ? Une plante ? Pourquoi cette personne est-elle malade et pas l’autre ?

Et parfois, l’explication repose effectivement sur quelque chose qu’on a appris il y a quinze ans en cours de sciences avant de l’oublier immédiatement après le contrôle.

Ou alors on finit l’épisode et on se retrouve, à 23 h 30 un mardi soir, à lire des articles sur le miel toxique et les plantes contenant des glycosides cardiaques.

Je parle évidemment d’une personne totalement hypothétique.

La science est aussi ce qui rend Mao Mao aussi attachante

Il aurait été très facile d’écrire Mao Mao comme une héroïne « géniale » qui connaît systématiquement la réponse simplement parce que le scénario en a besoin.

Mais ce n’est pas vraiment ce qui se passe.

Mao Mao observe. Elle doute. Elle élabore des hypothèses. Elle se souvient de ce que Luomen lui a appris. Elle teste des possibilités. Elle cherche à comprendre le mécanisme derrière ce qu’elle voit.

Et surtout, elle possède cette passion complètement déraisonnable pour la médecine, les plantes et tout ce qui possède une probabilité supérieure à zéro de l’empoisonner.

Ses connaissances ne sont donc pas seulement un outil utilisé par le scénario.

Elles font partie de ce qu’elle est.

Et je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles Les Carnets de l’apothicaire fonctionne aussi bien auprès d’un public qui n’aurait pas forcément pensé regarder un anime consacré à une jeune apothicaire dans un palais impérial.

On peut venir pour les intrigues de la cour. On peut venir pour les mystères. On peut venir pour Mao Mao. On peut aussi venir pour Jinshi — ici, personne ne juge personne.

Mais une fois qu’on entre dans cet univers, il devient très facile d’enchaîner les épisodes.

Et si vous faites partie de ces personnes qui, après avoir adoré un anime, ressentent soudainement le besoin parfaitement rationnel de posséder quelque chose de cet univers ou d’un autre manga préféré, vous pouvez faire un tour du côté de notre sélection de cadeaux manga et anime. Figurines, accessoires, déco, objets de collection et autres petites tentations absolument indispensables à votre étagère vous y attendent.

Verdict : quelle part de science est réelle dans Les Carnets de l’apothicaire ?

Beaucoup plus qu’on pourrait le croire au premier abord.

Les enquêtes des Carnets de l’apothicaire sont bien sûr adaptées aux besoins d’une œuvre de fiction. Les découvertes arrivent parfois plus rapidement qu’elles ne le feraient dans la réalité et l’univers historique de la série mélange volontairement plusieurs époques.

Mais derrière tout cela, une grande partie des phénomènes médicaux et toxicologiques présentés possède une véritable base scientifique.

Oui, des cosmétiques contenant du plomb peuvent provoquer une intoxication grave.

Oui, le miel est déconseillé aux bébés de moins de 12 mois à cause du risque de botulisme infantile.

Oui, des toxines provenant de certaines plantes peuvent se retrouver dans du miel.

Oui, certaines espèces de poissons-globes peuvent contenir de la tétrodotoxine.

Oui, le laurier-rose est réellement toxique.

Et oui, une allergie peut transformer un aliment banal en véritable danger pour une personne précise.

Mieux encore : nous savons que Hyūganatsu s’est directement inspirée de véritables cas d’intoxication pour construire certaines enquêtes.

Donc non, Mao Mao ne pratique pas une sorte de magie déguisée en médecine.

Est-ce qu’elle possède une quantité de connaissances absolument délirante pour son âge ? Oui.

Est-ce que tous les détails correspondent parfaitement à une seule période de l’histoire chinoise ? Non.

Est-ce qu’il faut commencer à ingérer de petites doses de poison pour développer une résistance parce que Mao Mao trouve ça amusant ? Absolument pas. Je préfère vraiment insister sur ce point.

Mais la logique scientifique qui soutient une bonne partie de Les Carnets de l’apothicaire est suffisamment réelle pour donner envie de revoir certains épisodes avec un autre regard.

Et c’est probablement l’une des choses que j’aime le plus dans cette série. Elle nous fait rire avec Mao Mao et Jinshi, nous entraîne dans les complots de la cour et, sans qu’on s’en rende compte, nous apprend des choses sur la toxicologie, la botanique et la médecine.

Il existe des anime éducatifs.

Et puis il existe Mao Mao, qui vous enseigne les dangers du plomb, du miel et des plantes toxiques tout en affichant un sourire beaucoup trop enthousiaste dès que quelqu’un prononce le mot « poison ».

Franchement, difficile de ne pas l’adorer. ❤️

Et si cet article vous a donné envie de replonger dans vos univers manga préférés, venez jeter un œil à notre sélection de cadeaux manga, anime et objets pour otaku chez La Frikilería. Vous y trouverez des figurines, des accessoires, de la décoration et plein d’idées cadeaux inspirées de vos licences préférées.

Sans plomb. Sans laurier-rose. Et, à notre connaissance, Jinshi n’a empoisonné aucun colis avant expédition.

FAQ : la science dans Les Carnets de l’apothicaire

Les enquêtes des Carnets de l’apothicaire sont-elles basées sur des faits réels ?

Plusieurs enquêtes utilisent des maladies, plantes, poisons et intoxications qui existent réellement. Hyūganatsu a également expliqué s’être inspirée de véritables cas d’intoxication pour certaines intrigues, notamment celles liées à des algues et au laurier-rose. Les personnages et les situations sont fictifs, mais une partie importante de la science repose sur des phénomènes authentiques.

Le maquillage au plomb des Carnets de l’apothicaire a-t-il vraiment existé ?

Oui. Le plomb a historiquement été utilisé pour produire des pigments blancs et certains cosmétiques. Une exposition répétée au plomb peut provoquer de graves problèmes de santé et les jeunes enfants y sont particulièrement vulnérables. Des pigments blancs à base de plomb sont également documentés dans la Chine ancienne.

Est-il vraiment dangereux de donner du miel à un bébé ?

Oui. Le miel est déconseillé aux enfants de moins de 12 mois car il peut contenir des spores bactériennes susceptibles de provoquer un botulisme infantile. Le système digestif des nourrissons est plus vulnérable à ce risque que celui des enfants plus âgés et des adultes.

Existe-t-il réellement du miel toxique comme dans Les Carnets de l’apothicaire ?

Oui. Certaines plantes produisent des toxines qui peuvent se retrouver dans leur nectar puis dans le miel. La « mad honey », produite notamment à partir de certaines espèces de rhododendrons, peut contenir des grayanotoxines susceptibles de provoquer des nausées, des vertiges, une hypotension ou des troubles cardiaques.

Le poisson-globe est-il vraiment toxique ?

Oui. Certaines espèces de poissons-globes peuvent contenir de la tétrodotoxine, une neurotoxine extrêmement puissante qui perturbe la transmission des signaux nerveux. Une intoxication grave peut entraîner une paralysie musculaire et une insuffisance respiratoire. Il n’existe pas d’antidote spécifique à la tétrodotoxine.

Le laurier-rose est-il réellement toxique ?

Oui. Le laurier-rose, ou Nerium oleander, contient notamment des hétérosides cardiotoniques comme l’oléandrine. Une intoxication peut provoquer des troubles digestifs, une baisse de la tension artérielle et de dangereuses anomalies du rythme cardiaque.

Les Carnets de l’apothicaire se déroulent-ils vraiment en Chine ?

Pas exactement. L’univers est fortement inspiré de la Chine impériale, mais il ne correspond pas à une dynastie ou à une période historique unique. Hyūganatsu a expliqué avoir combiné des éléments issus de différentes périodes de l’histoire chinoise ainsi que certaines influences japonaises afin de créer un monde fictif adapté à son récit.

La médecine utilisée par Mao Mao est-elle scientifiquement correcte ?

Beaucoup de ses observations concernant les poisons, les plantes, les aliments et certaines maladies possèdent une véritable base scientifique. Elles sont toutefois adaptées à une œuvre de fiction et à un univers qui ne dispose évidemment pas des moyens diagnostiques de la médecine moderne.

Comment s’appelle Les Carnets de l’apothicaire en japonais ?

Le titre japonais de Les Carnets de l’apothicaire est Kusuriya no Hitorigoto. En France, le manga est publié sous le titre Les Carnets de l’apothicaire et son héroïne est appelée Mao Mao.


“`

Partagez-le

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *